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Armorial des élèves de la classe de CE de la Rose Sauvagine, octobre 2020.

Vivorama, sur la piste de l’animal est un projet polymorphe qui propose aux habitants des Bouches du Rhône de participer à une quête sur les relations que les hommes entretiennent avec les animaux, sous la conduite d’Aurélie Darbouret, auteur, Hélène David, photographe et Philippe Somnolet, ethnographe. Ce projet comprend trois volets : la recherche dans les Archives départementales des documents qui témoignent de ces relations, une enquête documentaire menée auprès de personnes fréquemment en contact avec les animaux, et des ateliers participatifs avec les publics scolaires, du Bel âge et les publics spécifiques (mal voyants).

Les Archives départementales ont souhaité proposer à des établissements scolaires de contribuer à ce récit documentaire et poétique mêlant archives et témoignages contemporains : une classe de seconde du lycée des Calanques (section Gestion des milieux naturels et de la faune) et une classe de CE de l’école Rose Sauvagine (13e arrondissement) participent à l’aventure.

Vivorama, La classe, l’œuvre !

Adossé au dispositif national intitulé La Classe l’œuvre ! qui repose sur la collaboration étroite entre une classe et un établissement culturel,  le projet Vivorama  conjugue la rencontre des élèves de CE1-CE2 avec les documents d’archives et les photographies d’Hélène David, et  la pratique artistique de la danse avec Natalie Hofmann. Le dessein est de convoquer l’imaginaire des élèves autour de l’animal, et de les inviter à l’incarner à travers l’expression corporelle. L’objectif de l’atelier est de fabriquer des photographies ensemble autour de cette métamorphose, qui viendront rejoindre l’exposition collective sur les murs des ABD. Chaque participant aux ateliers apportant sa pierre à l’édifice. L'irruption de ces nouveaux corps dans l’espace extérieur de l’école est une opportunité pour les enfants de modifier leur regard sur leur espace quotidien, de créer un espace imaginaire et poétique à partir de leur environnement scolaire. Les artistes, l’équipe du service éducatif des Archives départementales et l’enseignant ont construit ensemble ce projet et organisé les sept séances/ateliers depuis le voyage dans les Archives et la rencontre avec les documents, les activités avec les artistes jusqu’à la restitution des productions dans une fresque collective : Le Cantique des moineaux, exposition urbaine présentée du 13 mars au 9 octobre 2021, à découvrir ici.


Retour sur la première séance

Pour cette première rencontre avec les élèves, qui a donné le signal de l’embarquement dans l’aventure Vivorama, consignes sanitaires obligent, ce sont les Archives qui sont venues à l’école et non l’inverse. Les copies d’une vingtaine de documents d’archives figurant différents animaux sur divers supports ont été suspendues dans la classe. Ces documents voisinaient les photographies contemporaines d’Hélène David, fruit de sa collecte. Très vite le dialogue s’instaure et les élèves s’approprient les images en exprimant des bribes de leurs relations avec les animaux.
« Moi si j’étais un animal, je serais un loup des glaces ! » dit Boubacar.
Puis pour prolonger cette identification à l’animal, les élèves ont créé leur blason. Ayant pour consigne la présence animale, ils ont découpé les images pour composer leurs armoiries.


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  • à gauche : © Hélène David - Elsa et Apollon, 2019
  • au centre : © Hélène David - Atelier réalisation des blasons
  • à droite : © AD 13 - Dressage d’un étalon syrien, gravure, 1864, Arch. dép. 2T43 66

« Je suis un animal… », retour sur la deuxième séance

Quelle chance de se sentir attendu ! C’est avec de larges sourires perceptibles sous les masques que l’équipe des Archives a été accueillie par la classe et Marie-Laure, son enseignante. Lors de ce deuxième rendez-vous, les élèves, affutés et engagés avec enthousiasme « sur la piste de l’animal », ont choisi LEUR animal, celui dans lequel ils allaient se « métamorphoser ».
Pour démarrer cette lente incarnation, les élèves ont dessiné leur animal dans leur petit carnet de croquis et de notes qui garde toutes les traces de cette aventure inédite. « Qu’est-ce que je mange ? Où je me déplace, comment, à 4 pattes, avec des ailes ? Est-ce que je vis tout seul, en duo, en meute ?». Au cours d’un échange animé, les enfants ont développé l’univers de leur animal et sa corporéité. Puis, avec la complicité de Natalie Hofmann, danseuse, ils se sont concentrés pour laisser venir et ressentir l’animal en eux. Grenouille, cheval, chien, serpent, hérisson, chauve-souris, lion sont nés sous nos yeux ébahis et émus, laissant échapper leurs premiers cris, évoluant avec des mouvements doux, amples, affolés, ou sauvages quand l’exaltation était grande !


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  • © AD 13 - Les élèves de la classe de CE de la Rose Sauvagine, 5 janvier 2021

"La métamorphose" retour sur les séances d'expression coroprelle

Natalie Hofmann, danseuse et chorégraphe raconte :

Les enfants nous ont accueilli avec un enthousiasme absolu. Après un échauffement en groupes qui a mis au centre l'idée de la meute, de rester à distance mais ensemble, nous avons travaillé en petits groupes. Les enfants étaient bien concentrés et ont dépassé leurs limites habituelles. Des retours et suggestions pour stimuler et développer leurs qualités de mouvements ont été vite intégrés et leur ont ouvert des nouvelles options d'expression et de créativité.

 Le plus dur à gérer était l'énergie explosive des canidés. Avec Hélène et l'idée des chiens de traîneau, on a réussi à les initier au goût du corps collectif de la meute et produire une organisation commune et interconnectée.

 

 


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  • © AD 13 - Les élèves de la classe de CE de la Rose Sauvagine, 12 et 19 janvier 2021

"Le ré-ensauvagement de la Rose Sauvagine" retour sur la dernière séance

Pour la dernière séance en classe, les chevaux Lola, Oléna, Adam et Anaïs, Naël le lion, Djibril le cobra, Lyna la chauve-souris, Marwa l’écureuil volant, Annahé le paon, Daniel le hibou, Jibril le tigre, Boubacar le loup des glaces, Amani le chat, Mickaël le chien, Guilia la girafe, Nolan le loup, Jasmine le hérisson, Safa la chèvre, Imrane le chacal, Sofia le renard, Lahna la biche, Lia l’éléphant, Celya la tortue de mer et Isra la grenouille ont alterné plusieurs activités en petits groupes à l’extérieur et en classe.

Lors d’un atelier modelage, ils ont malaxé, découpé, pincé, roulé, gratté, piqué la pâte auto-durcissante pour en faire naitre… leur animal. Ils ont participé à une séquence d’observation à partir d’une sélection de documents d’archives projetés sur écran en se posant la question de savoir ce que ces affiches, cartes postales, illustrations, photographies… racontent de la relation des hommes avec les animaux depuis le Moyen-Âge jusqu’à nos jours : « Tiens, au Moyen-Âge on écrivait sur la peau d’animal avec une plume d’oie et on fabriquait des sceaux avec de la cire d’abeille ! »

Et puis toute la journée, dans la cour et les abords de l’école avec Natalie, les élèves, dans la peau de leur animal, ont gambadé, batifolé, bondi, rampé, attaqué, volé…. Hélène avec son appareil photo a saisi et fixé cet ensauvagement.

La classe de CE de la Rose Sauvagine donne rendez-vous au public le 13 mars prochain pour découvrir l’exposition « Le cantique des moineaux » sur les murs du jardin de la lecture des Archives et bibliothèque départementales, rue Peyssonnel.   

« Quand Hélène m’a prise en photo, je me suis demandé si les gens qui vont les regarder dans l’exposition me verront moi ou l’animal que je suis devenue ».  Lola-cheval


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  • © AD 13 - Les élèves de la classe de CE de la Rose Sauvagine, 26 janvier 2021



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