Archives privées

 (jpg - 836 Ko)

Fonds Péchiney, usine de la Barasse (1922), 290 J 32

Outre les archives publiques, provenant de l'activité des services publics ayant leur siège dans le département, et dont elles ont la charge obligatoire, les Archives départementales peuvent, quand la valeur historique des documents le justifie, accueillir des documents d’origine privée.

Ces archives appartenant à des particuliers, à des entreprises ou à des associations illustrent des choix, des parcours remarquables ou étonnants et évoquent de manière beaucoup plus sensible l’histoire et le quotidien du département. Ces fonds entrés par voie extraordinaire sous forme de don, dépôt ou achat, documentent ainsi l’histoire des Bouches-du-Rhône, donnent de l’épaisseur aux documents administratifs et enrichissent à travers cette trame humaine la connaissance historique du département.

Papiers personnels

 (jpg - 1993 Ko)

"Neige sur la rivière de Shanghaï", L. Brauquier (1950), 36 J 58

Les Archives départementales conservent des fonds d’archives produits par des personnes dont l’engagement politique, social ou intellectuel a eu une résonance particulière dans la société ou dont ces traces, survivant au temps, se sont chargées, du fait de leur rareté, d’une certaine valeur historique. Se côtoient ainsi sous cette appellation des parcours individuels empruntant des cheminements très variés.

On retrouve ici des archives d’historiens et de chercheurs, comme celles de Gabriel Audisio ou d’Emile Temime, ou encore les documents rassemblés et produits par des artistes, comme le poète Louis Brauquier, le compositeur Masini ou le critique d’art Alain Paire. L’engagement politique est évidemment illustré avec les fonds de Jean Chélini,Jeanne Mazel, François Billoux et une partie du fonds Gaston Defferre. A côté de ces fonds qui illustrent des engagements sur le long terme au fil d’une vie, d’autres fonds évoquent le sort de citoyens face aux aléas de l’histoire comme les archives de Madeleine Baudoin, Max Juvenal ou l’abbé Ambroise Cognac racontant leur engagement résistant, ou le fonds Deluy et celui de la Grande collecte qui rassemblent la mémoire des soldats de la Première guerre mondiale et de leur famille. Enfin certains fonds se distinguent par leur constitution. Il s’agit des collections de documents réunis par des particuliers passionnés, comme le fonds Nicolaï qui retrace mille ans d’histoire du département ou le fonds Ripert-Alauzen qui documente la vie artistique à Marseille aux XIXe et XXe siècles.

Tous ces fonds conservent la trace des mouvements de pensée et des engagements ou intérêts de leurs auteurs. Reflétant des aspirations, des modes de pensée mais parfois simplement des expériences personnelles d’une époque ou d’un événement précis, ces archives personnelles illustrent, à travers les propos et les choix de leurs auteurs, l’opinion de certains de leurs contemporains et, en tout cas, les questionnements de leur époque.


Archives religieuses

 (jpg - 3950 Ko)

Les Accoules, dessin de Marius Fabre (1804), 34 J 191 11.

Par la suite de la séparation des Eglises et de l’Etat en 1905, les archives des institutions religieuses sont devenues privées. De nombreux fonds sont ainsi arrivés aux Archives départementales soulignant la place de ces institutions dans la société et leur engagement.

Les registres de catholicité des diocèses d’Aix-en-Provence et de Marseille sont le reflet d’un engagement individuel vis-à-vis de la religion. Mais les archives de différentes paroisses de Marseille ou de Bouc-Bel-Air ou encore de la Société Saint-Vincent-de-Paul mettent en avant le fonctionnement et les objectifs de ces institutions. Le fonds du Père de La Pommeraye aumônier dans un établissement d’accueil pour prostituées majeures ou les archives d’un prêtre ouvrier illustrent tous deux des parcours spécifiques, reflets d’une évolution sociale. Mais les institutions catholiques ne sont pas les seules représentées. Un fonds de l’Eglise réformée de Marseille permet aussi de découvrir le protestantisme marseillais, tant pour son fonctionnement que pour sa résonance sociale. Enfin, il faut souligner la présence du fonds de la basilique Notre-Dame de la Garde qui contient le suivi de construction de la basilique, la gestion du sanctuaire et le détail des pèlerinages et cérémonies religieuses.


Monde de l'économie et du travail

 (jpg - 1050 Ko)

Société Garcin et Mistral, catalogue (1908-1914), 65 J 55.

Certains fonds illustrent l’activité économique locale et laissent apparaître des activités très diverses, reflet de la variété et de vitalité économique du département.

Se côtoient ainsi la compagnie de commerce Isnard-Audiffret illustrant l’histoire commerciale à Marseille au XVIIe siècle ou des papiers de sociétés de commerce comme la société commerciale de la poudre purgative d'Ailhaud au XVIIIe siècle et bien sûr le fonds des communautés d’arts et métiers de Marseille dans lequel on retrouve les auffiers, calfats et autres perruquiers et boulangers.

Viennent ensuite aux XIXe et XXe siècles les moulins de la Touloubre à Saint-Chamas, le fonds Daillan sur le négoce de chardons à Maillane, le fonds Valay-Mistral négociants de graines ou les archives du domaine viticole de Calissanne. Ces fonds illustrent une activité locale souvent liée à l’agriculture et associée à des procédés de production traditionnels. L’industrialisation apparaît ensuite dans des fonds d’entreprises comme la savonnerie Court de Payen et Falque, les établissements Arnoux, fabricants de tracteurs et de matériel agricole, les entreprises Solvay et Péchiney ou la société Coq fabricant des outillages mécaniques. Les archives industrielles comportent également des fonds de syndicats. On trouve ainsi l’Union des syndicats agricoles des Alpes de Provence, le syndicat général CGT des ouvriers dockers et du personnel de la manutention portuaire du golfe de Fos  ou encore le fonds de la section syndicale de l'entreprise Naphtachimie. Ainsi se dessine, à travers cette évocation très sommaire, un panorama de l’extrême diversité économique qui s’est développée au cours des siècles dans les grandes villes comme dans les communes plus petites du département, soulignant finalement sa transition industrielle.


Archives d'associations et de militants

 (jpg - 2683 Ko)

La Parfaite sincérité, tracés d'une tenue (5 janvier 1860), 252 J 12

Sous ce titre sont rassemblés des fonds d’une très grande diversité qui reflètent des engagements, des centres d’intérêt ou des causes qui ont su éveiller l’intérêt et susciter l’investissement de quelques particuliers. Quelques grandes lignes se dégagent tout de même dans cet ensemble.

L’investissement social au XXe siècle s’exprime tout d’abord à travers l’œuvre Gilbert de Voisins, l’association du dispensaire des enfants malades de Marseille, ou encore l’œuvre antituberculeuse. L’autre axe remarquable est l’accueil des étrangers et immigrés dans le département. Un grand nombre de fonds mettent également en lumière le travail d’accueil, d’aide et d’accompagnement aux populations en difficulté. Se côtoient ici l’association d’Aide aux Travailleurs d'Outre-Mer, l’Association des travailleurs maghrébins de France d’Aix-en-Provence mais aussi le Comité de liaison pour l’aide à la résorption des bidonvilles, Solidarité logement, l’Habitat social alternatif et bien sûr le Secours populaire des Bouches-du-Rhône. Certains fonds évoquent d’autres formes d’engagement avec les loges maçonniques comme les Arts et l’amitié, le Phare de la renaissance. Certains traitent de questions plus contemporaines comme le Mouvement pour la libération de l'avortement et de la contraception, Les femmes et la ville. D’autres enfin, comme le Centre International de Recherche sur l'Anarchie ou le club Démocratie nouvelle, abordent la question politique sous l’angle associatif.

Enfin quelques fonds sont remarquables par leur originalité comme le fonds de Sauvegarde, Conservation des Etudes et Archives Ufologiques.


Archives d'architectes et d'urbanistes

 (jpg - 790 Ko)

Salon de thé Linder, rue Saint-Ferréol (1936), 75 J 119

Les Archives départementales des Bouches-du-Rhône ont mis en œuvre une politique volontariste pour constituer une collection d’archives d’architecture depuis 1986, faisant écho à la création de l’Institut français d’architecture en 1980.

Cette collection raisonnée illustre l’histoire de l’architecture au cours du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Les fonds Castel et Chirié couvrent ainsi le XXe siècle et témoignent de l’évolution des techniques et des demandes sociales. Ces fonds mettent évidemment en valeur la production architecturale régionale. Ces architectes ont pour la plupart été formés à l’école d’architecture de Luminy et y ont parfois enseigné comme André-Jacques Dunoyer de Segonzac. De plus, à côté de leurs réalisations personnelles, ils ont souvent participé à des groupes de travail et de réflexion sur l’évolution de leur métier, conduisant à des projets novateurs comme ceux portés par Paul Quintrand. D’autres fonds soulignent les élans modernistes de leur époque, c’est le cas d’Atelier 9, de Fernand Boukobza ou bien plus récemment de Corinne Vezzoni ou Roland Carta.

Mais au-delà des évolutions techniques et artistiques, ces fonds reflètent également les changements sociaux et économiques des Bouches-du-Rhône, qu’il s’agisse des aménagements urbains, de la construction des grands ensembles, des chantiers de reconstruction d’après-guerre, des bâtiments industriels, des villas individuelles ou de l’architecture de loisir. Ils mettent ainsi en lumière des évolutions parfois devenues insensibles au fil des générations mais qui prennent sens dans la forme figée d’une construction.