Bien qu’éloigné du théâtre des opérations militaires, le département des Bouches-du-Rhône s’est largement trouvé impliqué dans la Première Guerre mondiale ; par Marseille arrivent les troupes coloniales et embarquent les troupes alliées ; sur l’ensemble du territoire des camps abritent les réfugiés, les prisonniers ou les troupes en transit. La population civile, participe à l’effort de guerre, connait le rationnement, subit la propagande et la surveillance.
Comme partout en France, de nombreux hommes sont envoyés sur le front ; d’eux, il nous reste aujourd’hui des lettres envoyées à leurs familles, des carnets de tranchées. A travers leurs récits, c’est une autre histoire de la guerre qui s’écrit, plus intime, loin des vérités assénées par la presse ou la propagande.
Plus de 80 documents originaux ont été sélectionnés dans les riches collections des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, pour leur attrait, leur intérêt, leur rareté : cartes, affiches et tracts de propagande, journaux d’époque, photographies et cartes postales, correspondances, carnets de tranchées, photographies des Poilus sur le front.
Tout au long de l’exposition, comme un fil rouge, sont reproduits aux côtés des documents originaux, des extraits de lettres des soldats sur le front et de leurs proches en regard de textes officiels, articles de journaux, communiqués de presse, rapports officiels.
La lecture de ces récits mis en avant par la scénographie et sur laquelle reposera la médiation sera une occasion pour les plus jeunes de s’approprier une histoire et de s’identifier aux personnages et pour les plus expérimentés de confronter les sources, de décrypter les différents registres : propagande, satirique, intime, littéraire, dans lesquels s’expriment différentes valeurs et opinions.