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Les abbayes et prieurés

Sommaire

Présentation

Dernière mise à jour août 2012


 

Carte postale représentant l'Abbaye Saint-Victor

Marseille. Abbaye Saint-Victor.
(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 6 fi 4089).

De par son histoire et sa géographie, l’ancienne Provence a été une terre d’accueil naturelle des grands ordres monastiques, traditionnellement défricheurs, exploitants agricoles et propriétaires terriens.

En effet, au Moyen Age les monastères sont possesseurs d’une grande partie du sol, qu’ils ont acquis généralement par dons de propriétaires désireux de se mettre sous la protection de Dieu par leur intermédiaire, au moyens de libéralités, de privilèges, ou à l’occasion de l’entrée de moines et moniales dans ces maisons.
Du renouveau monastique du XIIe siècle, favorisé par une situation politique enfin pacifiée, la Provence rend aussi durablement témoignage, en particulier par des liens forts d’un établissement à un autre.
Les principaux établissements provençaux sont :

Les réguliers qui les peuplent sont des hommes et des femmes qui ont fait voeux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté. Ces voeux prononcés après un temps de noviciat peuvent être perpétuels, engagement et renoncement total et définitif à des biens temporels, à un héritage, … ou renouvelés chaque année, comme c’est le cas pour les congrégations religieuses. Seuls les contemplatifs suivent une règle très stricte de clôture, tandis que les actifs ont une activité dans le monde économique, intellectuel (enseignants) et social (hôpitaux).
C’est à Marseille que débute l’histoire de ces grands ordres provençaux. Dès le Ve siècle, l’évêque Procule autorise Cassien à fonder dans la cité phocéenne deux monastères, destinés respectivement aux hommes (abbaye Saint-Victor) et aux femmes (abbaye Saint-Sauveur).


Saint-Victor s’installe sur un ancien cimetière grec qu’il transforme en nécropole chrétienne et dont il fait un haut lieu du culte des reliques. Au Xe siècle, l’évêque Honorat établit dans l’abbaye une communauté bénédictine qui restaure toute la puissance de l’établissement et lui permet de participer largement au renouveau monastique des siècles suivants. Parallèlement entre le milieu du XIe siècle et le XIVe siècle, le monastère acquièrent aussi une grande importance architecturale, et souvent sous l’administration d’illustres prélats. En 1738 l’abbaye est sécularisée, puis érigée en collégiale en 1751 ; à partir de cette date les offices de dignitaires et de chanoines sont réservés à la noblesse provençale.
Le monastère féminin de Saint-Sauveur est installé intra-muros sur la rive nord du port, à l’opposé de Saint-Victor. De grande réputation dès l’origine sous le nom de Saint-Cyr, l’abbaye est en partie liée avec l’abbaye Saint-Césaire d’Arles, d’où provient sa première abbesse, Césarie. A l’instar de toute la ville, l’abbaye souffrit des ravages du Xe siècle et fut rétablie en l’an mil sous le nom de Saint-Sauveur, dans de nouveaux bâtiments. Son histoire s’écrit entre soucis financiers et multiples tentatives de réformes pour un retour à l’observance d’une règle stricte. L’abbaye devient royale en 1678. Finalement en 1771, les religieuses déménagent dans l’ancien monastère des Récollettes, dont elles intègrent les biens et revenus à leur domaine. Elles quittent ces locaux en 1792, les bâtiments sont vendus en 1793 au titre des biens nationaux.

Prenant la suite d’un ermitage bénédictin dépendant de Saint-Victor et installé au bord de la Durance, l’abbaye cistercienne de Silvacane (forêt de roseaux) est fondée au milieu du XIIe siècle, comme ses deux soeurs provençales de Sénanque et du Thoronet, à l’époque de la grande expansion de l’ordre. Elle prospère jusqu’au XIIIe siècle sur un domaine cependant très local, les alentours proches. Ses terres et l’abbaye elle-même sont ravagées en 1358 par les bandes de Michel de Cervole. Incapable de se relever, l’abbaye est annexée au chapitre cathédral de Saint-Sauveur d’Aix en 1443. L’église sert quelques temps de paroisse à la communauté de la Roque-d’Antheron avant d’être abandonnée ; sous la Révolution, les bâtiments abbatiaux sont vendus comme biens nationaux.

Liée au Thoronet dont l’abbé assure sa direction spirituelle, l’abbaye marseillaise de Notre-Dame Sion de Marseille est l’émanation urbaine d’un monastère installé depuis 1205 dans la vallée de Saint-Pons, au flanc du massif de la Sainte Baume, mais désaffecté dès 1384. Construite sur la colline Saint-Michel (Mont Sion) puis réinstallée intra-muros près de l’église Saint-Martin au XIVe siècle, l’abbaye déménage encore en 1769 dans l’ancien hôpital des convalescents.

Quant à Montmajour, le choix du site par les fondateurs est particulièrement exemplaire. A l’origine (977), c’est un monticule au milieu de marécages. Très richement dotée et prospère jusqu’au XIIIe siècle, l’abbaye s’épuise en procédures contre les religieux de Saint-Antoine-en-Viennois à propos des reliques de saint Antoine conservées dans leur prieuré dauphinois. A la fin du XVe siècle, l’abbaye se retrouve sous la tutelle directe du pape, qui nomme l’abbé, et en commende, à la disposition du roi de France. Sous la contre-réforme, l’abbaye est rattachée à la congrégation de Saint-Maur, qui joue un rôle essentiel dans l’essor de l’érudition et de la recherche historique. Mais de nouvelles querelles entres anciens et modernes accélèrent la perte de puissance de la maison, jusqu’à sa suppression en 1786. Sous la Révolution, les bâtiments sont  vendus et le domaine morcelé.

Etabli à Arles, l’abbaye Saint-Césaire a la réputation d’être l’un des premiers monastères de femmes en Gaule et d’avoir été fondée par le saint évêque Césaire, qui rédigea lui-même ses règles dans les premières années du Ve siècle. La première abbesse fut sa soeur Césarie ; lui succédèrent, pour administrer des domaines très importants, s’étendant jusqu’au Dauphiné, des personnalités issues des plus illustres familles de Provence.

De création plus tardive et sous la tutelle des moines de Lérins, la fondation de l’abbaye féminine de Saint-Honorat à Tarascon résulte de la volonté d’un laïc, Rostaing Gantelme, en 1282 ; à partir de 1360, les moniales suivent la règle de saint Césaire d’Arles. Comme à Arles, le monastère était couramment appelé le Grand couvent.

Voir aussi

Les différentes règles monastiques (fichier .doc29 Kb)

Les fonds

Abbaye Saint-Victor de Marseille

Abbaye Saint-Sauveur de Marseille

Abbaye de Silvacane

Abbaye Notre-Dame de Sion de Marseille

Abbaye de Montmajour

Abbaye de Saint-Césaire d’Arles

Abbaye Saint-Honorat de Tarascon

Grand Prieuré de Saint-Jean de Jérusalem

Composition et intérêt des fonds

Tous les documents de ces fonds religieux ont un point commun : ils témoignent d’un rayonnement considérable, d’une puissance temporelle importante, de protections et de privilèges entretenus et d’un recrutement privilégié. En effet, les possessions de Saint-Victor, de Montmajour ou du prieuré de Saint-Gilles se trouvaient non seulement en Provence (actuelle région Provence Alpes Côte d'Azur) mais aussi dans les actuels départements du Gard, de la Lozère, de l’Aveyron ou des Alpes Maritimes.

Il y a trace dans les archives de Saint-Victor de l’activité des moulins de la vallée de l’Huveaune, dans celles de Saint-Césaire de la gestion des pêcheries rhodaniennes ou encore dans celles des Hospitaliers de l’exploitation de leur considérable patrimoine forestier. Du fait d’un recrutement essentiellement nobiliaire, les archives de certaines abbayes, et notamment celles de Saint-Victor, de Saint-Césaire et du Grand Prieuré de Saint-Gilles comprennent des dossiers des preuves de noblesse. Pour l’époque médiévale, les fonds d’archives sont assez classiquement constitués de chartriers, de cartulaires et d’ensembles de liasses et de registres. Ces derniers concernant plus particulièrement l’administration moderne des établissements, qu’il s’agisse du recrutement ou de la gestion du patrimoine. Les établissements ecclésiastiques ont pris soin au Moyen Age de conserver les chartes garantissant les biens qu’ils avaient reçus et les droits qui y étaient attachés.
Se trouvant à la tête de domaines importants situés dans le Sud-Est de la France, mais aussi en Espagne et même en Sardaigne, l’abbaye de Saint-Victor disposait, à titre d’exemple, d’un chartrier contenant plusieurs centaines d’actes, de deux cartulaires et il subsiste 3000 parchemins dans son trésor des chartes. Dans les autres établissements, par commodité, pour rendre hommage aux donateurs et bienfaiteurs, ou encore par souci de conservation, de nombreux actes ont également été retranscrits dans des recueils particuliers appelés cartulaires ; des inventaires anciens étaient parallèlement dressés et les cotes qu’ils attribuent aux documents reportées sur les pièces concernées.
A l’époque moderne, de nouveaux documents, importants en quantité comme en qualité, apparaissent : reconnaissances, directes, lièves des censes   , pour les revenus ; pour les dépenses : comptabilité suivie, et inventaires de biens. On pourrait ajouter à ceci quelques particularités.

Pour l'abbaye de Silvacane par exemple, il convient de signaler l’existence d’un document exceptionnel, le rouleau des morts. A la mort de Bertrand des Baux, grand bienfaiteur de l’abbaye, en 1181, le prieur a  fait circuler dans l’ensemble des abbayes cisterciennes françaises un rouleau de parchemin que chacun de ces établissements a authentifié et complété en inscrivant une intention de prière. A noter d’autre part qu’une partie du fonds a été incorporée aux archives du chapitre cathédrale d’Aix (2 G 2036-2066) consultables au centre aixois des Archives départementales.
Pour l'abbaye de Montmajour, un des plus anciens documents conservés aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône est un diplôme de 877 qui fait partie du fonds de Montmajour ; ce fonds comprend également un manuscrit original sur l’histoire de l’abbaye, dû au mauriste dom Chanteloup et qui présente l’intérêt de produire l’inventaire des archives au début du XVIIIe siècle, lequel permet surtout aujourd’hui de mesurer l’étendue des pertes intervenues depuis.


Carte postale représentant l'Abbaye de Montmajour

Arles. Abbaye de Montmajour.
(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 6 fi 2050).


Le fonds d'archives consacré à Saint-Césaire présente la particularité de rassembler des documents, chartes et registres, intéressant de nombreux saintes et saints, dont certains locaux (Sainte-Symphorose, Sainte-Celse) ; autre singularité, nombre de pièces de la fin du Moyen Age et du début des Temps modernes sont écrites en provençal.
Pour les archives de Saint-Honorat, le fonds est assez pauvre et l’essentiel des documents est aujourd’hui réparti entre les Archives des Alpes-Maritimes et celles du Var.
Inversement, c’est avec le fonds du Grand Prieuré de Saint-Gilles que l’ensemble archivistique est le plus considérable, dans la mesure où aux archives du prieuré s’ajoutent celles de chaque commanderie, avec son atlas et son chartrier.

Concernant les documents figurés, les fonds abbatiaux sont pauvres en témoignages graphiques de l’architecture conventuelle : sur ce point, il faut solliciter d’autres ensembles documentaires, dont certains sont conservés aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône (portefeuille Marchand, archives des architectes des Bâtiments de France, conservation régionale des monuments historiques). S’y trouvent en revanche à foison des plans, datant des XVIIe et XVIIIe siècles, qui représentent leurs patrimoines fonciers, proches ou lointains, avec un grand luxe de détail permettant de différencier bâtiments d’exploitation, vignes, oliveraie, forêts, ou encore allées et routes bordées d’arbres.

Retrouvez le Portefeuille Marchand numérisé dans la base "Documents figurés" rubrique "Archives en ligne".

Informations complémentaires

>> La médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine

>> La Conservation Régionale des Monuments Historiques

Les instruments de recherche

Carte postale représentant l'Abbaye de Silvacane

La Roque d'Anthéron. Abbaye de Silvacane.
(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 6 fi 3033).


Retrouvez les instruments de recherche de l'Abbaye de Montmajour et du Grand Prieuré de Saint-Jean de Jérusalem numérisés dans la base de données Clara.

Sources complémentaires

Série G Clergé régulier (IXe -XVIIIe siècles)

Série F Archives civiles diverses (Xe-XXe siècles)

Série J Archives privées (Xe-XXe siècles)

Série W Versements contemporains

Autres services d’archives et bibliothèques

Pour l'ensemble de ces fonds religieux, il est nécessaire de consulter le catalogue des manuscrits conservés dans les fonds anciens ou patrimoniaux des bibliothèque municipales d'Aix, de Marseille, d'Arles et d'Avignon. Pour d'autres informations précises, voir :

Etudes de référence

AMARGIER (P.) Chartes inédites du fonds de Saint-Victor. Edition précédée d'une étude historique. Thèse de troisième cycle sous la direction de Georges Duby, Aix-en-Provence, 1967.
8 J 420/1-4 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

ANDRE (F.) Histoire de l’abbaye des religieuses de Saint-Sauveur de Marseille, 1863.
Kappa 797 (cote bibliothèque Archives départementales, centre d'Aix-en-Provence).

BARRUOL (G.), Rouquette (J.M.) Provence Romane, Zodiaque, 1974.
Beta 630 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

BEAUTIER (R.-H.), SORNAY (J.) Les sources de l’histoire économique et sociale du Moyen Age, volume 2, troisième partie : les archives ecclésiastiques, Centre National de la Recherche Scientifique, Paris, 1968-1974.
Beta 482 /1-3 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

BESSE (Dom) Abbayes et prieurés de l’ancienne France, Paris, édition Jouve/ Poussielgue, 1909-1952.
Gamma 73/ 1-9 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

BLANCARD (L.), Iconographie des sceaux et bulles conservés dans la partie antérieure des Archives départementales des Bouches-du-Rhône, texte descriptif et planches, Marseille, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1860.
Beta 2231 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

BONIFAY (abbé C.) Histoire du monastère de Saint-Pons de Gémenos.
8 F 017 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

FIXOT (M.), PELLETIER (J.P.) Saint-Victor de Marseille : de la basilique paléochrétienne à l’abbatiale médiévale, Marseille, 2004.
Gamma 7387 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

GUERARD (B.) Le Cartulaire de Saint-Victor, Lahure édition, 1857.
Beta 109/1-2 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

Voir aussi

>> Les archevêchés et évêchés

>> Les chapitres cathédraux et collégiaux

Historique de la fondation de l'Ordre de Malte (fichier .doc26 Kb)

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