Sur la piste de l'animal

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Atelier d'écriture-fév. 2021© AD13

Une expérience inédite !
Avec l’Amicale des déficients visuels de Provence

Invité par les Archives départementales des Bouches-du-Rhône à réfléchir et s’exprimer sur les relations qu’entretiennent hommes et animaux, un groupe de l’Amicale des déficients visuels de Provence s’est prêté au jeu sur 4 séances programmées entre janvier et février 2021.

Lors de la première séance, qui s’est déroulée ainsi que les suivantes dans la salle de lecture des Archives, la découverte de documents d’archives, facilitée notamment par des dispositifs compensatoires au handicap visuel (reproductions thermogonflées, lectures) a suscité le vif intérêt des participants.

Des ateliers d’écriture ont suivi cette séance de découverte. Animés par l’autrice Aurélie Darbouret, ils ont été nourris par l’écoute de témoignages des intercesseurs (ces personnes qui vivent ou travaillent auprès des animaux) ainsi que d’extraits littéraires ; les participants, aidés de secrétaires, ont écrit des textes révélant leurs propres histoires, réelles ou imaginées, toujours empreintes d’émotions et de sentiments. Du tigre-guide qui chasse de sa puissante patte tous les réfractaires au handicap, au souvenir colombophile qui retisse les liens de la mémoire avec un grand-père aimé, en passant par la chienne Issue ouvrant la voie vers le monde, l’écriture s’est avérée être un vecteur d’expression des émotions et des expériences.

Passées les réticences du début liées à l’inconnu des archives et au processus d’écriture, le groupe s’est enthousiasmé et en a redemandé ! Rendez-vous est donc pris prochainement autour de l’exposition urbaine, Le Cantique des Moineaux, qui se déroulera sur plus de 150 m2, sur le mur extérieur du jardin des ABD Gaston Defferre à partir du 13 mars 2021. S’y mêlent en un récit foisonnant des reproductions de documents d’archives, les subtiles images de la photographe Hélène David, les textes des entretiens conduits par Aurélie Darbouret et bien sûr les productions issues des différents ateliers avec les publics, dont celles de notre groupe de déficients visuels.

Une belle rencontre entre les Archives, les publics et la création contemporaine se trouve ainsi inscrite sur la pierre.


« Ma main sur ton harnais, on déambule au milieu de la foule. Aucun obstacle ne me fait peur. La marche est fluide, tu as ma confiance. »
E. I.


« Je suis née en même temps que la passion de mon grand-père pour la colombophilie. Ne pouvant vivre en communauté et ne pouvant plus voyager, il s'est créé cet univers qui nous a tous poursuivis pendant de longues années. Nous vivions aux sons des roucoulements et des battements d'ailes. Nous admirions leur agilité et leur sens de l'orientation. Grâce aux pigeons, nous voyagions à travers toute l'Europe. »
V. M.


« Jadis à Nantes, j'arrivais à me promener aisément avec mon chien-guide. Ici, à Marseille, les obstacles pour les déficients visuels et les complications sont si nombreux que j'ai dû faire appel à une école de chien-guide kényane. Désormais, quand je me promène avec mon animal de compagnie, les gens ne se contentent pas de s'écarter ou de changer de trottoir, ils changent carrément de rue et détalent dès qu'ils aperçoivent ma bête rousse rayée de noir. Son museau blanc, son sourire écarlate dissuadent la population marseillaise de se mettre en travers du chemin de l'aveugle que je suis. Mon tigre est dressé pour écarter les trottinettes à coup de pattes, dégager les scooters mal garés et manger les gens irrespectueux envers les personnes en situation de handicap, avec une certaine préférence pour les maîtres qui ne ramassent pas les crottes derrière leur chien. »
A. E.-F.



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