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L'Intendance de Provence

Sommaire

Présentation

Dernière mise à jour août 2012


 

A côté des gouverneurs ou des lieutenants généraux des provinces, on voit apparaître, dans l'administration du royaume de France, à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, un nouvel acteur, l'intendant, dont le rôle ne cessa de croître, au fil des règnes, dans un contexte de reprise en main politique et de développement de l'absolutisme royal.
Les intendants, dont la mission était d'ordre purement politique, n'agissaient ni en vertu d'un office, ni en vertu d'une commission, mais en vertu d'un mandat exécutif que le roi leur avait directement confié. Ce mandat exécutif se trouvait être, dans les premiers temps, parfaitement limité dans son objet : le plus souvent l'application d'un grand texte législatif. Par la suite, leurs missions furent plus variées, les plus importantes touchant aux finances. Peu à peu, ils se trouvèrent attachés à une province ou à une généralité. A partir du règne de Louis XIV, les intendants devinrent le relais principal, sinon exclusif, du pouvoir royal, avec le titre, devenu classique, d'intendants de Police, Justice et Finances. Leurs pouvoirs, énormes puisque tenus directement de la personne du Roi, ne leur permettaient cependant pas d'usurper les juridictions ou de disposer directement des fonds publics.
Les intendants, à la tête d'une administration provinciale, dont l'action fut, en fin de compte, assez bienfaisante, connurent leur apogée au siècle des Lumières. En Provence, le premier intendant véritable fut Guillaume du Vair. Ce personnage, d'une envergure hors du commun, ami personnel d'Henri IV, fut envoyé en Provence pour y présider une cour de justice, érigée en 1596, essentiellement pour remettre la province entre les mains du roi. Nommé Premier président du parlement de Provence en 1599, et avec ce seul titre, il dirigea, de fait, toute la Provence jusqu'en 1616.
La période qui suivit, englobant les désordres de la Fronde, ne fut pas favorable aux intendants. Ceux qui furent envoyés par Richelieu ou par Mazarin, ne restèrent pas longtemps en poste, et virent, pour certains leur autorité, pour le moins, fortement contestée.
La situation se rétablit en 1657, avec Henri de Forbin-Maynier d'Oppède qui remplit, officieusement, le rôle d'intendant jusqu'à sa mort, en 1671. Comme Guillaume du Vair, Henri de Forbin était, par ailleurs, depuis 1655, Premier président du parlement de Provence. L'habitude de faire coïncider la charge de Premier président et celle d'intendant de la province devint dès lors une règle jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. C'était un moyen commode de contrôler le Parlement, d'en freiner les velléités d'indépendance et de s'arroger une grande part des pouvoirs réglementaires dont cette puissante institution disposait. Etant aussi assesseur-né des Communautés de Provence, l'intendant voyait rassemblés entre ses mains les principaux rouages administratifs de la province.
Après Henri Forbin-Maynier d'Oppède, furent intendants de Provence :

En Provence, comme ailleurs dans le royaume, les pouvoirs de l'intendant, en raison de ses multiples fonctions, étaient immenses, en matière de défense, de police, d'administration, de finances, de fiscalité et d'économie. Enfin, il ne faut pas oublier que les intendants administraient directement les terres adjacentes, ces satellites du comté de Provence comprenant notamment la ville de Marseille.

Le fonds

Composition et intérêt du fonds


Pièces d'indiennes

Pièce d'indiennes. Cahier de 14 feuillets papier contenant 40 échantillons, 1776.
(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, C 3374).


Le fonds de l’intendance de Provence, qui occupe les cotes C 2176 à C 4748, soit 2572 liasses ou registres, et couvre une période qui va de 1669 à la Révolution, n’est pas globalement structuré et organisé par matières, comme l’est, par exemple le fonds de l’intendance de Languedoc. Il semble bien qu’une certaine confusion ait présidé au classement et à la rédaction des inventaires. Le déménagement du fonds, depuis Aix-en-Provence, où il se trouvait originellement, jusqu’à Marseille, a pu causer quelque désordre mais surtout, un délaissement de plusieurs décennies a été très préjudiciable à une masse considérable de documents, que les archivistes ont eu, finalement, du mal à maîtriser, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Deux campagnes de classement se sont succédé, aboutissant à deux instruments de recherche : l’inventaire-sommaire de Félix Reynaud en 1904 et le répertoire numérique détaillé de Raoul Busquet en 1934.
Félix Reynaud inventoria les cotes C 2176 à C 2647, soit 471 articles seulement, qu’il choisit de répartir par intendances, à partir de celle d’Henri de Forbin-Maynier d’Oppède, en 1669. Les premières intendances ne sont représentées que par quelques articles, mais les suivantes s’étoffent et se diversifient. Ces sous-fonds sont alors organisés par mots-matières, classés dans l’ordre alphabétique.
L’intendance de Charles-Jean-Baptiste des Galois de La Tour (1744-1790), représente, à elle seule, avec 2243 articles , près des 9/10èmes de la totalité du fonds. Le travail de Félix Reynaud s’arrête d’ailleurs au mot  correspondance, de ce sous-fonds, avec l’analyse d’une quarantaine de registres de correspondance.
Raoul Busquet reprit entièrement le précédent inventaire et le continua jusqu’au traitement exhaustif du fonds, sous une forme allégée et plus aérée. L’intendance de Charles des Galois s’achève à l’article C 4589 (au mot voitures publiques). Les articles oubliés par Félix Reynaud font l’objet d’un supplément (C 4590 à 4748).

Pour la clarté de l’exposé, il vaut mieux, bien sûr, conserver la ventilation par intendance :

On voit donc, en définitive, qu’il existe un déséquilibre flagrant dans la répartition chronologique des documents composant le fonds de l’intendance de Provence, avec, d’une part, une richesse et une grande abondance de documentation pour la période qui va de 1744 à 1789, et d’autre part des fonds infiniment plus restreints pour la tranche chronologique 1704-1744, la période 1669-1704, n’étant représentée que par quelques épaves. Raoul Busquet attribue ce déséquilibre aux intendants eux-mêmes, ou à leurs héritiers, qui auraient gardé ou emporté leurs papiers à la fin de leurs charges.

Les instruments de recherche

Retrouvez certains instruments de recherche de la série C numérisés dans la base de données Clara.

Pièces d'indiennes

Pièce d'indiennes. Cahier de 14 feuillets papier contenant 40 échantillons, 1776.
(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, C 3374).

Sources complémentaires

Compte tenu des fonctions qui étaient celles des intendants, les sources complémentaires à exploiter prioritairement sont celles des archives centrales de la monarchie : la sous-série H1 des Archives nationales fournit un grand nombre d’articles intéressants, notamment les cotes 1182 à 1362 (on pourra voir aussi les cotes 1374 à 1406, mais les documents pouvant concerner la Provence y sont dispersés).
De nombreux manuscrits, provenant des successions des intendants, ont rachetés par la Bibliothèque nationale et sont conservés au département des manuscrits. Raoul Busquet en a fait un recensement exhaustif, que l’on trouvera, en note, à la page III de son répertoire numérique. On pourra les rapprocher de ceux conservés par la bibliothèque Méjanes où les recherches doivent s’appuyer sur l’index du catalogue des manuscrits.

Etudes de référence

ANTOINE (M.), Les subdélégués généraux des intendances. Paris, 1975.
Delta 4528 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

BOISLILE (de), BROTONNE, Correspondance des contrôleurs généraux des finances avec les intendants des provinces. Paris, 1883-1887, 2 volumes in folio.
Alpha 78 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

BUSQUET (R.), Histoire des institutions de Provence, de 1482 à 1790. Marseille, 1920, in 4°.
Alpha 195 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille), lambda 42 (cote bibliothèque Archives départementales, centre d'Aix-en-Provence).

EMMANUELLI (F.-X.), A propos des subdélégations de l’intendance de Provence. Marseille, 1975.
Delta 4685 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

EMMANUELLI (F.-X.), Un mythe de l’absolutisme bourbonien : l’intendance, du milieu du XVIIe siècle à la fin du XVIIIe siècle (France, Espagne, Amérique),1981, 199 pages in 8°.
Gamma 2629 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

EMMANUELLI (F.-X.), Pouvoir royal et vie régionale en Provence au déclin de la monarchie. Lille, 1974, 2 volumes in 8°, 945 pages.
Lambda 431 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

FARGET (A.), Le pouvoir juridictionnel de l’intendance de Provence. Aix-en-Provence, 1957. Mémoire polycopié de 129 pages in 8°.
Beta 185 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

GUILLIBERT (E.), Pierre-Cardin Lebret, Premier président du parlement de Provence, discours de rentrée de la cour d’appel d’Aix, le 3 novembre 1875. Aix, Remondet-Aubin, 1875 , 66 pages, in 8°.
Delta 4749 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

HILDESHEIMER (F.), Centralisation, pouvoir local et diplomatique : les ordonnances des intendants dans la Bibliothèque de l’Ecole des chartes, T.CXXXVI, 1978, pages 37-69.
Delta 4837 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

MARIN de CARRANRAIS (F. de), Notice sur l’intendance de Provence. Marseille, Imprimerie marseillaise, 1889, 91 pages, in 8°.
Delta 881 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

MOUGINS-ROQUEFORT (G. de), M. de Montyon, intendant de Provence. Aix-en-Provence, 1887, 76 pages, in 8°.
Delta 1723 (cote bibliothèque Archives départementales, centre de Marseille).

Voir aussi

>> La cour des Comptes

>> Le parlement de Provence

>> Les Etats de Provence

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