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La Libération : du côté des femmes

Couverture de la publication La Libération : du côté des femmesSylvie Orsoni, La Libération : du côté des femmes, dossier pédagogique n°8, 2004, 39 pages, 25 fiches-reproductions, 2004, 15 €.

Présentes partout dans les foules de la Libération, les femmes figurent aussi en bonne place dans les fonds d’archives. Si l’ordonnance du 21 avril 1944 leur a accordé d’une phrase expéditive les droits de vote et d’éligibilité, la façon dont elles vont en user préoccupent policiers des renseignements généraux et journalistes. Va-t-on vers une remise en cause des rôles assignés aux femmes ? Ce serait passer trop vite sur les ambiguïtés de la période, qui est aussi celle d’un déchaînement de violence sexuée, celles des tontes, qui peuvent s’interpréter comme un mode de reconstruction morale de la Nation. Bien des questions soulevées par les documents proposés ont des prolongements actuels et peuvent alimenter une réflexion en cours d’histoire comme en éducation civique, juridique et sociale.

La numérotation des documents de chaque dossier a été conservée.

Document 1. Les vraies femmes de France, article paru dans La Marseillaise, 25 août 1944, phi 419/1.
Les journaux qui ont paru pendant l’Occupation disparaissent à la Libération, ainsi le Petit Provençal, le Petit Marseillais, Marseille-Matin. Les différents courants de la Résistance sont à l’origine de nouveaux journaux qui prennent la suite des  feuilles clandestines  et des journaux disparus. La Marseillaise, journal clandestin d’orientation communiste paraît au grand jour dés le 24 août 1944. Elle tire rapidement à plus de 171 000 exemplaires malgré la pénurie de papier. Comme l’ensemble de la presse de la Libération, le journal ne remet pas en cause la légitimité de la tonte et le rôle des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI). La volonté de reconstruction identitaire est très visible. A une minorité de femmes dégradées par la collaboration et exclues de la nation s’oppose la majorité saine qui se définit par son patriotisme. Aucun des rôles féminins n’est ici questionné.

Document 2a. Rapport des renseignements généraux sur les représailles contre les femmes ayant eu des relations avec les Allemands, 2 septembre 1944, 150 W 89.
Les faits relatés dans ce rapport sont conformes avec les observations effectuées sur le reste du territoire national : l’exhibition de la femme tondue est en effet caractéristique des heures et des jours qui suivent la libération d’une ville ou d’un village (67,6 % des tontes repérées par Fabrice Virgili, auteur de La France virile). Une deuxième vague de tontes se déroulera à l’été 1945. Le rapport met en avant l’âge des tondeurs sans préciser leurs liens éventuels avec la Résistance. Au fur et à mesure que le temps passe, les Renseignements généraux enregistrent un nombre croissant de messages attribuant aux Forces Française de l’Intérieur (FFI) mal encadrées des actes de répression arbitraire, voire de pur banditisme.

Document 7a. La nursery à l’usine ou la mère à la maison, Le Méridional, 10 décembre 1944, phi 418/1.
Le Méridional paraît à partir du 11 décembre 1944. Il est l’organe local du MRP, parti de centre gauche, développant des références chrétiennes, créé le 26 novembre 1944, et tire à 45 000 exemplaires. Le journal reprend les thèmes traditionnels des associations familiales chrétiennes : rejet du travail féminin comme facteur d’émancipation et création d’un salaire familial permettant aux femmes de rester à la maison élever leurs enfants. L’inégalité par nature des hommes et des femme est par ailleurs nettement développée dans l’article du 21 janvier 1945. Le Parti communiste et la CGT (Confédération Générale des Travailleurs), tout en défendant l’égalité des hommes et des femmes devant le travail, prônaient également une politique familiale permettant aux femmes de milieux modestes de rester au foyer.

Document 11. Note du commissaire des Renseignements généraux de Briançon sur le vote des femmes, 12 octobre 1944, 149 W 128.
Les Renseignements généraux ne font pas état de réactions déniant aux femmes le droit de vote. En revanche, les partis politiques et l’opinion s’interrogent sur l’impact que les nouvelles électrices auront sur l’issue des scrutins. On retrouve l’idée reçue de femmes sous influence, forme atténuée de la conviction des radicaux qui, sous la IIIe République, s’étaient constamment opposés au vote féminin, tant les femmes leur paraissaient sous l’emprise du clergé. Par ailleurs, l’égalité devant le droit de vote paraît menacer l’équilibre familial, argument récurrent lorsqu’il s’agit d’accorder de nouveaux droits aux femmes.


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