
L'Intendance de Provence
Sommaire
Composition et intérêt du fonds

Pièce d'indiennes. Cahier de 14 feuillets papier contenant 40 échantillons, 1776.
(Archives départementales des Bouches-du-Rhône, C 3374).
Le fonds de l’intendance de Provence, qui occupe les cotes C 2176 à C 4748, soit 2572 liasses ou registres, et couvre une période qui va de 1669 à la Révolution, n’est pas globalement structuré et organisé par matières, comme l’est, par exemple le fonds de l’intendance de Languedoc. Il semble bien qu’une certaine confusion ait présidé au classement et à la rédaction des inventaires. Le déménagement du fonds, depuis Aix-en-Provence, où il se trouvait originellement, jusqu’à Marseille, a pu causer quelque désordre mais surtout, un délaissement de plusieurs décennies a été très préjudiciable à une masse considérable de documents, que les archivistes ont eu, finalement, du mal à maîtriser, à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Deux campagnes de classement se sont succédé, aboutissant à deux instruments de recherche : l’inventaire-sommaire de Félix Reynaud en 1904 et le répertoire numérique détaillé de Raoul Busquet en 1934.
Félix Reynaud inventoria les cotes C 2176 à C 2647, soit 471 articles seulement, qu’il choisit de répartir par intendances, à partir de celle d’Henri de Forbin-Maynier d’Oppède, en 1669. Les premières intendances ne sont représentées que par quelques articles, mais les suivantes s’étoffent et se diversifient. Ces sous-fonds sont alors organisés par mots-matières, classés dans l’ordre alphabétique.
L’intendance de Charles-Jean-Baptiste des Galois de La Tour (1744-1790), représente, à elle seule, avec 2243 articles , près des 9/10èmes de la totalité du fonds. Le travail de Félix Reynaud s’arrête d’ailleurs au mot correspondance, de ce sous-fonds, avec l’analyse d’une quarantaine de registres de correspondance.
Raoul Busquet reprit entièrement le précédent inventaire et le continua jusqu’au traitement exhaustif du fonds, sous une forme allégée et plus aérée. L’intendance de Charles des Galois s’achève à l’article C 4589 (au mot voitures publiques). Les articles oubliés par Félix Reynaud font l’objet d’un supplément (C 4590 à 4748).
Pour la clarté de l’exposé, il vaut mieux, bien sûr, conserver la ventilation par intendance :
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C 2176, intendance d’Henri de Forbin-Maynier d’Oppède (1669-1671) : cette cote unique concerne uniquement la gestion des greffes de diverses juridictions royales de Provence ;
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C 2177 à 2181, intendance de Jean Rouillé de Meslay (1673–1680) : il s’agit essentiellement d’ordonnances. Il est aussi à noter que les cotes 2179 et 2181 concernent Marseille ;
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C 2182 à 2205, intendance de Thomas-Alexandre Morant (1680-1687) : les recueils d’ordonnances et d’enquêtes concernent, avant tout, les affaires de police et de finances. A noter, en C 4590, un registre de correspondance, pour la période 1684-1685 ;
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C2206 à 2227, intendance de Pierre-Cardin Lebret (1687-1704) : encore essentiellement des recueils d’ordonnances à divers titres ;
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C 2228 à 2292, intendance de Cardin Lebret, comte de Selles (1704-1734) : à partir de cette intendance, la documentation commence à être plus importante, plus diverse et mieux organisée. A noter trois cotes qui concernent la principauté d’Orange : C 2289 à 2291 ;
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C 2293 à 2346, intendance de Jean-Baptiste des Galois de La Tour (1734-1744) : importante documentation, malgré une intendance assez courte. Les articles sont classés par mots-matières. Plusieurs liasses concernent les affaires de Marseille. On verra dans le supplément, les cotes C 4591 et 4592 (agriculture), C 4604 à 4610 (assemblées des communautés), 4613 et 4614 (canaux et rivières), C 4653 (commerce), C 4679 à 4683 (communautés), C 4714 à 4716 (guerre), C 4718 à 4725 (industrie), C 4730 à 4735 (Marseille), C 4746 (terres adjacentes) ;
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C 2347 à 4589, intendance de Charles-Jean-Baptiste des Galois de La Tour, (1744-1790) avec un intermède pendant l’épisode des parlements Maupéou : cette longue intendance à laissé un fonds très important, riche et divers. Les articles sont organisés par mots-matières, environ une soixantaine, classées par ordre alphabétique dans une liste qui reflète tous les domaines où s’exerçait l’autorité ou l’influence de l’intendant : agriculture, commerce, industrie, monnaies et poids et mesures, routes et voies navigables, marine, défense des côtes et du territoire, justice et répression, police et surveillance en ville ou en campagne, santé, domaines, fiscalité et finances, administration des communautés, enseignement, religion, etc.
Sous les vedettes Chambre de commerce de Marseille et Marseille sont regroupés 486 articles, qui sont le reflet de la vie politique, économique et sociale de cette ville, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. A noter aussi 40 registres de correspondance avec les ministères, de 1749 à 1789. Ces registres sont analysés dans l’inventaire de Félix Reynaud.
- Dans la partie supplément, qui contient les articles C 4590 à 4748, ont été placés de nombreux dossiers, qui, dans leur majorité, ne peuvent être attribués à telle ou telle intendance, mais qui sont aussi organisés par mots-matières. Peu sont antérieurs à 1704.
On voit donc, en définitive, qu’il existe un déséquilibre flagrant dans la répartition chronologique des documents composant le fonds de l’intendance de Provence, avec, d’une part, une richesse et une grande abondance de documentation pour la période qui va de 1744 à 1789, et d’autre part des fonds infiniment plus restreints pour la tranche chronologique 1704-1744, la période 1669-1704, n’étant représentée que par quelques épaves. Raoul Busquet attribue ce déséquilibre aux intendants eux-mêmes, ou à leurs héritiers, qui auraient gardé ou emporté leurs papiers à la fin de leurs charges.
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