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Le Comté de Provence

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Présentation

Dernière mise à jour août 2012


 

La Provence n’a été rattachée au royaume de France qu’à la fin du XVesiècle, dans les dernières années du règne de Louis XI. Partie prenante de la fraction centrale de l’empire de Charlemagne appelée, à partir du partage de Verdun (842) la Lotharingie, puis terre d’Empire c’est-à-dire relevant, au moins en théorie, de l’autorité du Saint Empire romain germanique, la Provence forma, pour l’essentiel, un comté dont les archives sont en majorité conservées par les Archives départementales des Bouches-du-Rhône et intégrées au fonds de la Cour des comptes.
La présente notice fournit quelques éléments d’explication, d’abord sur la formation du territoire et sur les dynasties qui se sont succédées du Xe au XVe siècle en Provence, puis sur l’organisation institutionnelle et administrative du comté, et présente enfin les archives comtales, telles qu’on peut les reconstituer à partir du fonds de la cour des comptes.
 

Territoire et dynasties

La Provence voit émerger une première dynastie comtale dès 954, celle des comtes d’Arles. Au XIe siècle, la faible autorité du comte ne repose que sur le contrôle des bénéfices ecclésiastiques (épiscopats et abbatiats), même s’il s’appuie sur le monachisme, qu’il protège, et sur l’aristocratie.
Après une rivalité entre les maisons de Toulouse et de Barcelone, le comté passe en 1112 à cette dernière, grâce au mariage de Raimon Bérenger avec Douce de Provence, qui lui fait donation du comté. La dynastie catalane, qui devient également famille régnante en Aragon, à partir de 1164, régente la Provence de 1112 à 1245 et en fait une annexe du comté de Barcelone. Le comte de Toulouse n’en continue pas moins à s’intituler marquis de Provence et il possède le comtat Venaissin. Un traité intervenu en 1125 entre le comte de Toulouse et le comte de Provence fixe les limites du comté de Provence, du marquisat de Provence (possession des comtes de Toulouse), et du comté de Forcalquier : le comté s’étend du petit Rhône à la Turbie et de la Durance à la mer ; de plus, dans le marquisat de Provence, le comte possède la moitié des juridictions sur Avignon, Sorgues, Caumont, Beaucaire et le Thor. Alphonse II choisit le premier Aix-en-Provence pour capitale (1189) : il s’installe dans trois tours datant de l’Antiquité romaine et situées près de l’actuelle place des Prêcheurs.
Le capétien Charles d’Anjou, frère du roi de France Saint Louis, qui a épousé Béatrice de Provence, l’une des filles de Raimond Berenger V, devient comte de Provence en 1246 et fonde la première dynastie angevine. Par la suite, il conquiert Naples et le royaume de Sicile en 1265, et est couronné roi. Il est également prince d’Achaïe (1276) et roi de Jérusalem (1277). Lui succèdent Charles II (1285-1309) puis Robert (1309-1343). Entretemps, le territoire du comté s’est accru avec l’annexion du comté de Forcalquier et avec le versant italien des Alpes puis rétréci avec la vente d’Avignon au Saint-Siège et la perte de Nice au profit du comte de Savoie.
La reine Jeanne Ière est la dernière représentante de la première maison d’Anjou en Provence. Son avènement en 1343 sur le trône de Naples inaugure une époque de relâchement de l’autorité administrative qui culmine avec son assassinat en 1382 et la guerre de l’union d’Aix (1382-1388). Sans descendance, elle avait adopté Louis Ier d’Anjou, frère du roi de France Charles V. C’est lui qui hérite de la Provence, mais elle est divisée en deux parties rattachées l’une à la maison de Duras, l’autre à la maison d’Anjou, dans une affaire de rivalité dynastique ; la guerre de l’union d’Aix se termine en 1388 par la soumission complète de l’Union à la régente Marie de Blois, qui lui permet de refaire l’unité du comté. La seconde maison d’Anjou voit ensuite se succéder Louis II (1384-1417) puis Louis III (1417-1434). Le successeur de ce dernier est le deuxième fils de Louis II et de Yolande d’Aragon, René : c’est le fameux roi René, titre lié au royaume de Naples qu’il revendique mais où il ne réussira jamais à asseoir durablement son pouvoir. Il règne en revanche sur son duché d’Anjou et son comté de Provence en prince mécène qui favorise la littérature, la musique, la peinture, l’enluminure et la sculpture : c’est lui commande au peintre Nicolas Froment le retable du Buisson ardent (1476, Aix-en-Provence) et au sculpteur Francesco Laurana le monument de Saint Lazare à la Vieille Major de Marseille.
Dans son testament de 1474, le roi René lègue la Provence à son neveu Charles du Maine avec promesse de succession en faveur du roi de France Louis XI. Un an après sa mort, en 1480, Charles disparaît à son tour et c’est en 1486 qu’intervient le rattachement du comté, appelé « union » au royaume de France.

Organisation institutionnelle et administrative

Il faut attendre le règne de Raymond Bérenger V, comte de 1209 à 1245, pour que les choses prennent réellement tournure. Dernier comte de la dynastie catalane mais surtout premier comte de Provence et de Forcalquier, celui que l’historien Thierry Pecout qualifie d’inventeur de la Provence, construit un ensemble politique cohérent, fait oeuvre de législateur, avec les statuts généraux de paix, et dote sa principauté d’une administration efficace. Si la fonction de chancelier existait dès 1200 (c’était à l’origine un notaire), Raymond Bérenger V la pérennise. Doté d’une chancellerie, le comte émet des diplômes, des lettres patentes, des mandements et des lettres closes. Il crée aussi les fonctions de grand baile, dès 1220, puis de juge-mage, en 1223, et il divise le comté en circonscriptions administratives appelées bailies ou vigueries. Le grand baile seconde le comte et le juge de Provence est juge d’appel des juges inférieurs ; à l’échelon local, le bayle ou le viguier est assisté par un juge et un clavaire (trésorier). Conséquence de ces réformes, Raymond Bérenger est le premier à transmettre des archives consistantes, essentiellement des chartes (titres, privilèges, mandements, actes d’hommage, traités, quittances, testaments). Son successeur capétien, le comte d’Anjou et de Provence Charles Ier, fait dresser, dès 1251-1252, un état des lieux précis de son riche comté afin de connaître les droits et revenus qui lui sont dus : cens, aides, services, chevauchées, ost. Il perfectionne également l’appareil administratif que lui a légué son beau-père, en s’inspirant des réformes qu’opère son frère Saint Louis dans le royaume de France : il crée la fonction de sénéchal, qui remplace le grand baile, ainsi qu’un conseil du sénéchal. Charles Ier fait oeuvre de législateur : il promulgue au moins 17 ordonnances, dont les statuts de paix de Marseille en 1257, après qu’il a imposé sa domination à la ville. Le sénéchal, qui administre le comté durant les nombreuses absences du comte-roi, fait déposer les originaux des ordonnances comtales dans les archives, recopier (en 1278) les ordonnances des comtes précédents et rend systématique, à partir de 1294, l’enregistrement des actes. Le sénéchal veille encore à la publicité de cette législation en la diffusant auprès des bailes et viguiers, dont le nombre tend à augmenter : il y a 16 bailies et vigueries en 1263, et 20 en 1322.
Charles II, son fils, inscrit son oeuvre législative et administrative dans la continuité de ses deux prédécesseurs : il réalise une grande enquête domaniale en 1289-1290, crée les auditeurs des comptes en 1288 et l’Amirauté de Provence en 1296.
Le comte avait eu dès 1168 le droit de battre monnaie, mais l’avait rapidement concédé, d’où la création d’une Chambre des comptes pour contrôler la fabrication et la circulation des espèces. Cependant, les comtes frappent le gros en argent dès 1218, le florin en or vers 1353, et émettent aussi des monnaies de billon ; en 1249, Charles Ier crée sa propre monnaie, le provençal, frappée dans l’atelier qu’il établit à Tarascon (deux autres seront ultérieurement créés à Marseille puis à Aix-en-Provence). Au XVe siècle, enfin, le roi René crée plusieurs offices importants en matière monétaire, financière et comptable : le général des monnaies de Provence, le général des finances, le grand président de la Chambre des comptes, le maître des ports (dont les fonctions sont principalement douanières) et le prévôt de l’hôtel.

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